Le Temple de Gobekli Tepe

Ce site archéologique situé en Turquie est sûrement une des découvertes les plus passionnantes de notre siècle. Ces cercles formés de gigantesques pierres est le plus vieux temple connu, environ 11 000 ans.

Göbekli Tepe (Պորտասար Bordasar/Portasar en arménien, Girî bi navkê mendixka en kurde) est un site archéologique occupé de la fin du Mésolithique (voir Khiamien) au début du Néolithique (plus précisément le Néolithique précéramique A). Il est situé au sud-est de l’Anatolie, région de l’actuelle Turquie située près de la frontière avec la Syrie. Au sud-ouest se trouve la ville de Şanlıurfa.
Le toponyme turc Göbekli tepe signifie « Colline au nombril », en référence à sa forme.

Le site cumule plusieurs caractéristiques inédites à son époque et faisant l’objet de diverses interprétations :

 1 -   Le substrat est une butte artificielle haute de 15 mètres et ayant un diamètre de 300 mètres ; elle est située à une vingtaine de kilomètres au nord-est de la ville turque de Şanlıurfa (ou Urfa), l'ancienne Édesse (ou Orhay ou Erekh). Cette butte est située sur le point culminant d’une colline allongée. Le sommet de la colline est un point de vue qui permet d’observer un vaste territoire : on peut y voir les monts Taurus et Karacadağ au nord et à l’est, et, au sud, la vallée de Harran, qui s’étend jusqu’en Syrie. Seule la vue ouest est restreinte par les montagnes avoisinantes. La zone aménagée par l’homme serait de 300 à 500 m2.

2 -    Les plus anciennes parties documentées datent du milieu du Xe millénaire av. J.-C., ce qui en fait le plus ancien ensemble d’architecture monumentale en pierre jamais découvert.
3 -    Ceux qui l’ont bâti étaient des chasseurs-cueilleurs, les animaux, le chien mis à part, n’étant pas encore domestiqués (toutes les représentations animales se réfèrent à des bêtes sauvages). Il a probablement fallu plusieurs centaines d’hommes pour le construire et les travaux auraient duré de trois à cinq siècles.
4 -    Les archéologues Selahattin Güler, Cihat Kürkçüoğlu et Mehmet Özbek dans Sıra gecesi (« L'école de la nature ») suggèrent que, sans nécessairement être sacré, le site a pu être un lieu de rencontre et de palabres entre clans, peut-être pour se répartir les territoires de cueillette et chasse, et qu’il contribua à l’émergence de l’art totémique, les représentants de chaque clan siégeant dans des enceintes circulaires autour d’un monolithe représentant leur animal-fétiche. Selon Klaus Schmidt, l’archéologue qui a fouillé le site de 1994 à 2014, les enceintes « symbolisent des assemblées humaines, et les pierres levées, disposées en cercle, représentent des personnages stylisés ».
5 -    Enfin, même si la domestication n’aura lieu que mille cinq cents ans plus tard (au Néolithique précéramique B), et si les graminées récoltées sont encore de type sauvage, le site a dû, selon Klaus Schmidt, jouer un rôle important dans le passage d’une société de chasseurs-cueilleurs à une société agricole et aussi être le lieu d'une « révolution religieuse », hypothèse déjà formulée par Jacques Cauvin avant sa découverte.

Quoi qu’il en soit, la civilisation mégalithique à l’origine de ces constructions est encore très mal connue, et le site semble avoir été abandonné en 8000 av. J.-C., puis volontairement enfoui au Néolithique précéramique B, lors de la domestication.


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