La pyramide de Khéphren

Elle est de type à faces lisses et fut élevée sous la IVe dynastie durant l'Ancien Empire pour le pharaon Khéphren, fils de Khéops. Facile a reconnaitre, son sommet est encore couvert de calcaire.

La pyramide de Khéphren (ou Chéphren) est la deuxième pyramide d'Égypte en taille. Dominant un complexe composé de deux temples reliés par une chaussée et d'une pyramide satellite, elle est de type à faces lisses et fut élevée sous la IVe dynastie durant l'Ancien Empire pour le pharaon Khéphren, fils de Khéops. Elle se dresse sur le plateau de Gizeh au sud-ouest de celle de son père. Elle est sans doute la plus facile à reconnaître car son sommet est encore couvert de calcaire. Légèrement plus petite que celle de Khéops, elle paraît pourtant plus haute car érigée sur une proéminence rocheuse avec un angle d'inclinaison supérieur à celui de la Grande pyramide. Le temps a également préservé un temple d'accueil dont la sobriété et la composition subtile des matériaux font un véritable joyau de l'Ancien Empire.

Le complexe funéraire de Khéphren est en bien meilleur état que celui de Khéops et comporte notamment un magnifique temple en granit rose d’Assouan. Il ne s’agit pas du temple funéraire à proprement parler, dont on n’a retrouvé que les fondations, mais de celui qui était au bout de la chaussée funéraire menant au monument. Appelé « temple de la vallée », comme tous ceux qui se situent près du Nil, il servait à accueillir le sarcophage du défunt après la traversée du fleuve.

Les deux temples étaient reliés par une longue chaussée couverte longue de 495 mètres. Une petite pyramide satellite, sans doute destinée au Ka du souverain, prenait place au sud de la pyramide principale. Les vestiges d'un village d'ouvriers et d'une carrière liés à la construction du complexe sont toujours visibles à l'ouest et au nord-ouest du monument.


L'histoire de l'exploration de la pyramide de Khéphren se confond dans ses grandes lignes, jusqu'au XIXe siècle, avec celle de la pyramide de Khéops. Il faut donc remonter à l'époque de l'historien grec Hérodote pour en trouver la première description :

    « À la mort de Khéops, la royauté revient à son frère Khéphren. Ce dernier se régla en tout point sur son prédécesseur et ne manqua pas de construire une pyramide qui, à vrai dire, n'atteint pas les dimensions de celle de Khéops(...) La base de l'édifice est en pierres d'Éthiopie veinées de couleurs diverses. Aussi large que la première, cette pyramide a quarante pieds de moins en hauteur. »

Il faut ensuite attendre le XIIe siècle et L'histoire de l'Égypte et de ses merveilles de l'écrivain arabe Ibrahim Ibn Wassif Chah selon qui

    « Dans la pyramide occidentale (la pyramide de Khéphren) furent aménagés trente magasins de granit coloré, remplis de toutes sortes de richesses et d'objets divers : statues de pierres précieuses, outils de fer magnifiques, armes inoxydables, verre malléable, talismans extraordinaires, drogues simples et composées, poisons mortels (...)
    La pyramide occidentale fut placée sous la garde d'une statue en mosaïque de granit. Cette statue était debout, tenant à la main quelque chose comme une javeline, et coiffée d'une vipère repliée sur elle-même. Dès que quelqu'un s'approchait de la statue, la vipère s'élançait sur lui, s'enroulait autour de son cou, le tuait et revenait à sa place. »

Nous reconnaissons aisément dans cette dernière partie, en dépit d'une description très édulcorée, le grand sphinx de Gizeh. L'entrée ainsi que les infrastructures de la pyramide ne sont relatées dans aucun texte. Selon John Greaves, auteur de la Pyramidographia, la pyramide ne possède aucune entrée. Benoît de Maillet, consul de France en Égypte dès 1692 et célèbre pour les descriptions détaillées qu'il fit des pyramides, déclare que la pyramide de Khéphren est restée inviolée.

Ce n'est qu'au jour du 2 mars 1818 que l'italien Giovanni Battista Belzoni parvint à découvrir l'entrée sur la face nord de la pyramide et à s'introduire jusqu'à la chambre funéraire. Il découvrit le sarcophage vide dont le couvercle brisé gisait sur le sol. Il nota une inscription arabe se trouvant sur le mur ouest de la chambre qui témoignait de l'ouverture de la pyramide par le maître carrier Mohamed-Ahmed assisté du maître Otman, en présence du sultan Ali-Mahomet. Il en conclut avec raison que la pyramide a été violée dès l'hégire. John Shae Perring explora plus avant la structure en 1839. En 1854, Auguste Mariette dégagea le temple d'accueil qu'il assimila, à tort, au temple du sphinx. Il y fit également la découverte de la fameuse statue représentant Khéphren assis. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, Petrie dressa des plans très précis de l'ensemble du site de Gizeh.

Ces découvertes, ainsi que le pôle d'attraction que représente la pyramide de Khéops eurent pour conséquence d'annihiler l'intérêt porté à ce monument. Une seule étude approfondie du complexe funéraire sera effectuée, au début du XXe siècle, par Uvo Hölscher sous la direction de Steindorff.

La recherche de chambres cachées
Une mission scientifique hors du commun fut menée, de manière très confidentielle, dans la pyramide de Khéphren de 1967 à 1968 par le prix Nobel de physique Luis Walter Alvarez. Aidé en cela de nombreux techniciens non issus du milieu égyptologique, cette expédition fut baptisée Giza Project 1968 et Join Pyramid Project puisqu'elle réunissait des experts américains et égyptiens. Très coûteuses, ces recherches consistaient à détecter des chambres cachées dans le massif de la pyramide en captant certaines particules du rayonnement cosmique, les muons quasi-verticaux. Ces muons, en traversant la matière, perdent plus ou moins d'énergie selon que l'épaisseur traversée est plus ou moins importante. Il suffit donc de photographier l'impact d'un muon, et de quantifier son énergie. Le professeur Alvarez installa son imposant matériel (le plus sophistiqué de l'époque) dans la chambre funéraire. Ces recherches, alors très avant-gardistes, se conclurent par un échec. Le physicien, par cette méthode, ne détecta aucune chambre. Les résultats et la procédure employée furent par la suite critiqués. En effet, Alvarez ne prit en compte qu'une densité uniforme de pierre, celle du calcaire, c'est-à-dire 1,8 g/cm². Or, il ignorait à l'époque que la structure interne d'une pyramide pouvait comporter du granite de densité supérieure, c'est-à-dire 2,7 g/cm². Le physicien soutint pourtant que, malgré cela, une structure en granite aurait été détectée par sa méthode. Il pensa également, que la détection de muons horizontaux, donnant des résultats plus précis, permettrait de confirmer ses résultats. Le manque de données et les connaissances insuffisantes sur la structure d'une pyramide invalideraient, pour certains, les résultats mal interprétés par le physicien. Cependant, cette expédition constitua une première dans l'histoire de l'égyptologie et de l'archéologie en général. Plus récemment, en 2000, l'architecte Gilles Dormion a détecté plusieurs anomalies significatives par des mesures de micro-gravimétrie et de géo-radar. L'une d'elles serait provoquée, selon lui, par la présence d'une grande cavité.


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