Les Temples sacrés de Jérusalem

Le Temple de Jérusalem est, selon la Bible, le bâtiment religieux construit par les Israélites pour abriter l'arche d'alliance. Il fut détruit par l'armée de Babylone et reconstruit 70 ans plus tard avec l'aide d'Esdras...

(d'après les récits bibliques), pour être à nouveau détruit par Rome.

Tous les détails relatifs à la construction du Temple se trouvent dans le premier Livre des Rois dans la Bible. Le roi David fut divinement averti que la charge de construire une maison pour l'Éternel reviendrait à sa descendance (2 Samuel 7), cette promesse fut accomplie avec son fils Salomon qui, en 1 Rois 5, entreprend cette construction suivant les instructions de l'Éternel. C'est Hiram, le roi de Tyr, qui a procuré le bois de cèdre et de cyprès nécessaires à Salomon, ainsi que de l'or et de la main d’œuvre pour construire le Temple, en échange de nourriture.

Temples successifs selon la Bible
    Le Premier Temple ou Temple de Salomon a été construit, d'après la Bible, par le roi Salomon (au Xe siècle av. J.-C.). Il a été entièrement détruit par Nabuchodonosor II en 587 av. J.-C.
    Le Second Temple fut construit au retour de la captivité des Juifs à Babylone, vers 536 av. J.-C. Il fut terminé le 12 mars 515 av. J.-C.
    Le Temple d'Hérode fut une extension massive du Second Temple, y compris une rénovation du Mont du Temple. Elle fut initiée par Hérode Ier le Grand vers 19 av. J.-C. Ce Temple fut détruit par Titus en 70, il n'en reste aujourd'hui comme vestige que les murs de soutènement de l'esplanade construite par Hérode et les restes des arches qui permettaient l'accès à l'esplanade.
    Dion Cassius, mort vers 235, dans son récit de la Révolte de Bar Kokhba, parle des ruines du « monument de Salomon »

Données archéologiques sur le Temple de Jérusalem
Données archéologiques sur le Premier Temple
    Nous n’avons aucune donnée archéologique sur le Temple de Salomon. Le nom même du roi Salomon n’apparaît nulle part, à l’époque de son règne, dans les documents archéologiques du Proche-Orient. Cependant, comme la maison de David (c’est-à-dire sa dynastie) est mentionnée sur la stèle de Tel Dan, l’archéologie ne met pas en doute l’existence d’un royaume de Salomon avec Jérusalem comme capitale. Seule l’étendue de ce royaume pose un vrai problème. Les analyses les plus récentes de la population de Jérusalem, faites à partir du relevé de la position des tombes et de leurs datations, conduisent à penser que la Jérusalem de Salomon, comme celle de David, avait la taille d’un village de montagne, situé à l’emplacement de ce qu’on appelle la Cité de David. Si Salomon a effectivement construit un Temple à Jérusalem, il ne s’agissait certainement pas d’une vaste construction.
    Selon Thomas Römer, Salomon aurait agrandi un temple déjà existant et, se basant sur l'étude des textes sur sa dédicace, il fait l'hypothèse qu'à l'origine, Yhwh n'était pas le seul habitant du temple de Jérusalem mais qu'il a cohabité avec un dieu solaire.
    Un ostracon trouvé à Tel Arad et daté entre le IXe et le VIe siècle mentionne la « maison de YHVH ». Il pourrait s'agir d'une mention du Temple de Jérusalem mais d'autres pensent que cela réfère simplement au temple local.
    Rappelons que sur trois sites, la forteresse d’Arad, Tel Beer Sheva et Lakish, on a constaté que des lieux de culte en activité en 800 av. J.-C. (équipements pour les sacrifices) sont désacralisés en 700 av. J.-C. Cette constatation prouve que la volonté de ne pas avoir de lieux de sacrifices décentralisés, volonté proclamée dans la Bible, est effectivement en pratique en 700 av. J.-C. Cette mise en pratique,du même coup, prouverait clairement qu’il existe un Temple central à Jérusalem vers 700 av. J.-C., bien qu’il ne reste aucune trace matérielle du bâtiment. À l’époque d’Ézéchias, Jérusalem est devenue une cité importante et il est tout à fait logique qu’un Temple de grandes proportions y soit en activité. L'interprétation des données archéologiques concernant ces réformes cultuelles ne sont cependant pas sans ambiguïté et l'idée d'une centralisation effective du culte dans le seul temple de Jérusalem reste débattue

Traces écrites de l'époque du Premier Temple, construction du Second Temple
    Entre 800 et 700 av. J.-C. on observe un rapide développement de l’écrit, qui accompagne l’alphabétisation de la population. Sous Ézéchias (715-687 av. J.-C.), le percement du tunnel de Siloé, commémoré par une inscription gravée dans la roche, se trouve mentionné dans la Bible : le présent laisse maintenant des traces écrites et les récits bibliques ont désormais un fondement historique. Ce n’est pas le cas quand la Bible décrit un passé plus lointain : ni le récit de l’Exode, ni celui de la conquête de Canaan, ni ceux des règnes de David et Salomon ne trouvent de confirmation archéologique ou documentaire.
    Jérusalem, avec son Premier Temple, est détruite par Nabuchodonosor II en 586 av. J.-C. Une partie de la population — un quart selon ce que les fouilles permettent d’estimer — est exilée à Babylone. Mais la Babylonie s’effondre sous l’attaque de Cyrus II, fondateur de l’Empire perse, qui libère les prisonniers en 538 av. J.-C. et autorise la reconstruction du Temple de Jérusalem. Le Grand Prêtre Josué, au retour d’exil, dirige la construction du Second Temple, qui s’achève en 516 av. J.-C.

Le Temple d’Hérode et les édifices successifs
Hérode Ier le Grand procède à de gigantesques travaux d’aménagement, bâtissant « à la romaine » une immense esplanade: la colline d’origine est ceinturée d’un énorme mur de soutènement, la surface intérieure entièrement nivelée puis comblée avec du remblai. La construction commence en 19 av. J.-C. et dure environ 7 ans, 100 000 hommes furent employés, mais les travaux ne sont entièrement achevés qu'en 63 apr. J.-C.. Seulement 7 ans plus tard, lors de la chute de Jérusalem en 70, le Temple est détruit par les armées romaines. Le Temple était constitué de plusieurs cours successives permettant d'atteindre le bâtiment central : le parvis des Gentils, celui des Femmes, non pas réservé aux femmes mais que les femmes n'avaient pas le droit de dépasser, celui d'Israël réservé aux Israélites, celui des Prêtres où se déroulaient les sacrifices quotidiens qui donnait accès à l'édifice du Hekhal qui lui-même contenait le Saint des saints accédé seulement par le Grand Prêtre le jour de Yom Kippour.

Le projet de construction d'un temple, dédié au dieu romain Jupiter Capitolin, sur le site du l'ancien temple d'Hérode, pourrait être la cause de la révolte menée de 132 à 135 par Bar-Kokheba. À la suite de l'écrasement de cette révolte, l'empereur Hadrien ordonne la destruction de la totalité de Jérusalem, celle-ci est rasée et le gouverneur romain fait passer symboliquement une charrue sur son espace. Hadrien fait bâtir une ville grecque sur ces ruines, de dimensions plus petites que l'ancienne cité de Jérusalem et la nomme Colonia Ælia Capitolina. Il fait construire des temples païens sur les lieux de pèlerinage. Les Juifs sont alors interdits de cité, dans la ville et dans ses environs, sous peine de mort, jusqu'à l'empereur Antonin le pieux. Au IVe siècle la mère de Constantin, Hélène, visite Jérusalem, y identifie les lieux saints chrétiens, où des églises sont édifiées, souvent sur les sites de Temples païens qui sont ainsi détruits.

En 638, Jérusalem est conquise par des armées venues d’Arabie. « Vos vies seront épargnées, vos biens protégés, vos églises respectées aussi longtemps que vous paierez le tribut », déclare le calife Omar. Il ne reste sur place que le mur des Lamentations, qui est respecté lors de la construction du Dôme du Rocher puis de la Mosquée Al-Aqsa, érigés sur les ruines du temple juif.


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