Le Temple des inscriptions

Le Temple des inscriptions se dresse au sommet d'une pyramide à neuf degrés, haute de 20 m. Le temple renferme un seul texte "futuriste" de 617 blocs glyphiques, un des plus longs du monde maya.

Le Temple des inscriptions, conçu par K'inich Janaab' Pakal I comme son propre monument funéraire et achevé par son fils K'inich Kan Bahlam II, se dresse au sommet d'une pyramide à neuf degrés, haute de 20 m. On y accède par un escalier axial. Le temple était surmonté d'une crête faîtière qui a pratiquement entièrement disparu. Cinq portes s'ouvrent sur une salle rectangulaire qui communique avec trois pièces à l'arrière.

À l'intérieur se trouvent trois tablettes couvertes d'inscriptions. Le temple leur doit son nom. Ensemble, elles forment un seul texte de 617 blocs glyphiques, un des plus longs du monde maya. Il traite de l'histoire de Palenque au cours des huit katuns entre 514 et 672, nous plonge dans un passé mythologique, lors de l'accession d'une divinité 1 246 826 années auparavant et nous projette ensuite dans le futur, lors de la célébration de la fin d'un katun en 4772 ap. J.-C. Le texte détaille certains événements du règne de K'inich Janaab' Pakal I, mentionne son décès et se termine par l'accession au trône de son fils.

À l'extérieur, les six piliers de la façade du temple étaient décorés de bas-reliefs en stuc. Les quatre piliers centraux sont ornés chacun d'un personnage portant dans ses bras un enfant dont une jambe a la forme d'un serpent. L'interprétation de ces panneaux reste sujette à discussion. Le découvreur de la tombe de Pakal, Alberto Ruz Lhuillier, y voyait des offrandes d'enfants au dieu de la pluie. Linda Schele et David Freidel ont émis l'idée que l'enfant était le fils de Pakal, K'inich Kan bahlam II, dans les bras de ses ancêtres, dont Pakal lui-même et son épouse. La jambe de serpent l'identifie à GII, une des divinités de la Triade de Palenque, tandis qu'une difformité connue de ce souverain - six doigts de pied - l'identifie en tant qu'individu. Ces auteurs voient dans cette mise en scène une forme de légitimation du souverain. Une autre hypothèse serait que l'enfant est Pakal lui-même sous la forme de GII. Les piliers situés à chaque extrémité du temple portaient des inscriptions qui auraient pu nous éclairer mais elles ont malheureusement disparu.

Depuis le temple, un escalier qui était dissimulé par une dalle tourne deux fois à angle droit et mène à une crypte située 22 m plus bas, un peu au-dessous du niveau du sol extérieur. Une grande dalle triangulaire fermait la crypte. Le long de l'escalier court un conduit en pierre reliant le temple à la crypte. Les archéologues baptisèrent ce conduit «psychoduc» ou «conduit de l'âme», considérant que sa fonction était de servir de trait d'union entre l'esprit du défunt et le monde des vivants. La crypte mesure 4 m × 10 m et la voûte a une hauteur de 7 m. L'espace est pratiquement entièrement occupé par le sarcophage.

Le couvercle du sarcophage, à l'iconographie cosmique complexe, représente le souverain défunt dans une position curieuse qui a suscité différentes interprétations. La plus communément admise est que Pakal tombe dans la gueule du monstre terrestre au moment de sa mort à l'image du soleil couchant. Une autre possibilité serait que le roi émerge de la terre à l'image du soleil levant. Derrière le roi se dresse un arbre cosmique en forme de croix sur lequel est perché un oiseau. Une inscription sur la tranche du couvercle mentionne les dates de naissance, d'accession et de décès de Pakal, ainsi que les dates d'accession et de décès de ses prédécesseurs. Sur les côtés du sarcophage figurent des portraits d'ancêtres émergeant à mi-corps de la terre sous forme d'arbres fruitiers: sa mère, la Dame Sak K'uk', et son père K'an Hix Mo' représentés chacun deux fois, Ahkal Mo' Nahb, K'an Joy Chitam, la reine Yohl Ik'nal, représentée également deux fois et Janaab' Pakal.

Les murs de la crypte sont décorés de neuf personnages en stuc tenant chacun un sceptre K'awiil et qu'on identifie généralement à des ancêtres royaux, notamment Yoh Ik'nal que l'on distingue grâce à sa longue jupe.
Dans le sarcophage, l'archéologue Alberto Ruz Lhuillier découvrit un squelette dont la face était couverte d'un masque de jade. Tout un trésor dormait à côté du défunt dont une partie a été volée en 1985.


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