Grand menhir brisé d'Er Grah

En Bretagne, La "Pierre de la Fée" est le plus grand Menhir d'Europe : 18,5 m de hauteur. Il se dressait au milieu d'un ensemble monumental et était relié à un alignement de 18 autres menhirs. 4500 av. J.-C.

Le Grand menhir brisé d'Er Grah, ou Men ar hroëc'h qui signifie « Pierre de la Fée » en Breton, situé sur le territoire de la commune de Locmariaquer, dans le Morbihan, est un menhir de dimensions exceptionnelles, le plus grand d'Europe : 18,5 m de hauteur lorsqu'il était dressé (20,4 m partie en terre comprise), 3 m de largeur, masse estimée à 280 t

Ce menhir, dont l'érection remonterait au milieu du Ve millénaire av. J.-C. est aujourd’hui à terre et brisé en quatre morceaux. Il se dressait au milieu d'un ensemble monumental associant exceptionnellement, en un même lieu, les trois familles de monuments mégalithiques :

    le tumulus d'Er Grah,
    le cairn de la Table des Marchand,
    le grand menhir brisé.


Selon le préhistorien Charles-Tanguy Le Roux, les résultats des dernières fouilles archéologiques montrent que le menhir n'était pas solitaire : il était relié à un alignement de fosses contenant 18 autres menhirs, découverts à l’arrière de la « Table des Marchand ». Cet alignement laisse supposer l'existence d’un ancien complexe de pierres levées, érigées en file indienne, qui se tenaient alignées, de la plus grande à la plus petite, sur plus de 55 mètres en direction du nord à partir de la base du Grand menhir mais la zone au-delà de la route actuelle n'a pas été fouillée. Les fosses sont associées à des calages de trous de poteaux qui pourraient être les éléments des échafaudages destinés à tailler et lever ces grands menhirs.

Sur un des blocs, une gravure de « hache-charrue » découverte par René Serge Minot en 1964, est réinterprétée par l'archéologue Serge Cassen comme un cachalot, l'animal étant associé à des bovidés, une hache et une crosse. Cassen propose une opposition mythologique forte entre le motif qui évoque le milieu marin et les motifs symbolisant le milieu terrestre, opposition qui correspond à une époque de transition, où les derniers chasseurs-cueilleurs doivent abandonner leur ancien mode de vie.

Taillé dans de l'orthogneiss, dont les plus proches gisements se trouvent entre 10 et 20 km, il fut probablement acheminé sur radeau à travers le golfe du Morbihan (aux courants pourtant très forts), après avoir traversé l’estuaire des rivières de Vannes et Auray.

Pendant longtemps a prévalu l'hypothèse que ce monolithe, trop gros, s’est brisé lors de son érection. Les hypothèses sur la chute du menhir ont varié entre la foudre, l'action humaine ou la ruine par un phénomène d'érosion progressive. Hypothèse la plus probable, l'ingénieur Francis Bougis pense que les séismes locaux auraient d'abord incliné la pierre avant de la faire chuter à une époque pouvant remonter à la fin du Néolithique. On ne connait pas la raison de la chute des autres vers 4300 av. J.-C.. Une réutilisation de l'un d'eux à Gavrinis et sur la Table des Marchands est prouvée par une gravure scindée. Mais aucun tronçon du grand menhir n'a été réutilisé. Son redressement comme tant d'autres menhirs et antiquités a été envisagé en 1904 par M. Le Rouzic. L'attrait en serait accru sans nuire à sa valeur archéologique.

Certains ont cru y voir la « colonne du Nord » ou la « colonne boréale » du géographe grec dit le Pseudo-Scymnos de Chio (Ier siècle av. J.-C.). D'autres lui ont attribué la fonction d'indiquer l'entrée du golfe du Morbihan, mais sans apporter d'éléments en ce sens.
Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889.


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