Civilisation mythique des Ummites

Ummo est le nom d'une planète hypothétique qui se trouverait à environ 14,4 années-lumière de la Terre. Cette civilisation, les « Ummites », entretenait des conversations avec les humains.

Ummo (dans la transcription espagnole « initiale ») ou Oummo (en prononciation française) est le nom d'une planète hypothétique qui se trouverait à environ 14,4 années-lumière de la Terre, suivant les « révélations » faites par l'intermédiaire de divers courriers dactylographiés et appels téléphoniques reçus à partir du milieu des années 1960, en grande majorité en Espagne mais également dans d'autres pays.
Ces lettres auraient été écrites par des membres d'un groupe présent sur Terre depuis le 28 mars 1950, se présentant comme émissaires d'une civilisation extraterrestre, les « Ummites ».

Historique
Les premières lettres recensées sont celles reçues en 1966 par Fernando Sesma, animateur d’une association espagnole ésotérique « les amis des visiteurs de l'espace » qui réunissait ses membres régulièrement dans un bar dénommé « La ballena alegre » (la baleine joyeuse) à Madrid, Espagne. De nombreux autres destinataires en recevront par la suite dans plusieurs pays, jusqu'en 2009 en France et 2012 en Espagne. Des tweets ont suivi de juin 2012 à ce jour.

Le chercheur Jean-Pierre Petit a affirmé avoir décelé les signes d'une intelligence supérieure — extraterrestre — dans certains écrits ummites qu'il dit avoir reçus. Il affirme aussi que les sujets scientifiques abordés dans les lettres Ummites sont totalement novateurs et l'ont directement inspiré dans ses recherches en cosmologie et en magnétohydrodynamique. L'origine de ces documents reçus par Jean-Pierre Petit fait cependant débat parmi les ufologues, certains y voyant des documents significativement différents des autres documents dits ummites.

Plus de 200 lettres (211 semble-t-il) représentant environ 1 300 pages de rapports ont été répertoriées par le site internet Ummo-Sciences sous différents groupes de référence (D, NR, H). Cependant, si l'on en croit une lettre de 1988 (D357-2), il devait y avoir à cette date quelque 3 850 pages ; les copies ayant été envoyées à de nombreuses personnes, le total serait de 160 000 pages. Les dernières lettres répertoriées, considérées comme provenant de la « source », semblent être les lettres référencées « NR-21 » et « NR-22 » du 12 mars 2009 par ummo-sciences  : la première traite des anthropoïdes de la possible planète Ummo et apporte des précisions sur leur système planétaire et leur calendrier (NR-21), et la seconde des précisions sur les indications géographiques antérieures, la démographie, les communications télépathiques et les voyages spatiaux. Y sont également expliqués les motifs allégués de l'anomalie Pioneer (ralentissement de la sonde).
L'existence de cette civilisation extraterrestre a été prise au sérieux par certains (dont Maurice Viton, astronome au CNRS, et Jean-Pierre Petit, directeur de recherche au CNRS).

Contenu des lettres
Des lettres (D57-1 à D57-5) racontent une arrivée sur Terre entre Digne-les-Bains et La Javie, près du mont du cheval-Blanc le 28 mars 1950 d’un petit groupe de scientifiques ummites chargés d'étudier notre biosphère, l'atmosphère terrestre, ainsi que notre culture à la suite de la découverte « accidentelle » de notre planète par la réception sur Ummo (en 1948) d'un message télégraphique émis entre le 4 et le 8 février 1934 en morse lors d'essais scientifiques par un navire norvégien au large de Terre-Neuve ayant abouti à la première mission d'exploration de la Terre dans des astronefs décrits en détail (lettres D69). Plusieurs lettres expliquent les motivations de leur éventuelle venue et de l’écriture des lettres.

Les auteurs expliquent que la civilisation d'Ummo serait plus ancienne que la nôtre, qu'elle posséderait une technologie plus avancée que la nôtre, et que leur morale leur interdirait de perturber notre évolution sociale, hormis des risques avérés de destructions massives par armement nucléaire (D21). Ils racontent leur étonnement devant notre société multiculturelle, les différents systèmes politiques, la multitude des langues, le désordre social qui règne au sein de notre planète, et suggèrent dans un rapport longtemps tenu secret, un modèle de restructuration progressif de notre société (D1378).

De nombreuses lettres (par exemple les D41-x) décrivent les conditions de vie sur leur planète, avec de nombreuses illustrations.
Ils nomment la société « réseau social » et expliquent l'importance de ce « réseau », où chaque homme serait un « nœud », et où chaque relation correspondrait à un « arc » (D75-D81). Ils présentent ainsi leur vie quotidienne, leur réseau de ravitaillement, leurs habitats (D41-2), l’utilisation des odeurs (D41-3), leur cuisine (D41-4)(D41-5), le travail, la famille, leurs méthodes de déplacement (D41-6), le jeu (D41-7) (D41-8), la sexualité, l’éducation, le mariage (D41-13) (D99) (D102), la psychologie, les arts, le concept de Dieu, leur histoire, les différentes étapes de gouvernement qu'ils ont connues, et la découverte d’autres planètes habitées (Lettre 41-2 (1966) intitulée : Découvertes d’autres planètes habitées réalisées par oummo. Lettre 792-1, 3e partie (janvier 1988) : « sur des milliards de planètes habitées »...). De nombreuses lettres décriraient leur système économique et politique actuel qu'ils considèrent comme « socialiste » (D68). Le socialisme terrien serait l'ancêtre archaïque de leur socialisme ummite.

Une partie des lettres relève de la philosophie et de la métaphysique. Les thèmes abordés comprennent la morale, l’indéterminisme, le libre arbitre de l’être humain, la condition humaine, la finalité de l’être, l’âme et l’inconscient collectif (D33-1). De nombreuses lettres décrivent également leur point de vue sur notre société et traitent de quelques problèmes qu'« ils » y identifient, comme l’avortement (D539), l’oppression de la femme par l’homme (D540), ou encore les lacunes de nos systèmes éducatifs et politiques. Le concept de Dieu est souvent présent, et plusieurs lettres y sont entièrement consacrées (D43). Leur spiritualité aurait des similitudes avec le christianisme : les lettres font référence à un messie, UMMOWOA, dont la vie extrêmement similaire à celle de Jésus de Nazareth (qu'« ils » appelleraient OYAGAAWOA), qui aurait été l'élément découvert sur la Terre ayant le plus étonné les ummites.

De nombreux sujets scientifiques sont abordés en détail, notamment le concept de l’espace, avec des considérations sur les « plis de l’espace », le « cosmos décadimensionnel », l’« anticosmos », le « cosmos gémellaire », la théorie du champ unifié (les IBOZOO UU, qui représentent pour eux la véritable structure de l'espace physique), la biologie et la théorie d'une évolution « organisée » (les bases biogénétiques du cosmos), et le concept du temps (D59-1) (D59-2) (D59-3) (D59-4). D'autres lettres développent la « logique tétravalente ». Des lettres décrivent également en détail les données scientifiques de leur système planétaire et de leur planète, comme les dimensions, la gravité, la météorologie, la période de rotation, etc.

Parmi les affirmations sur des sujets scientifiques formulés au long des différents rapports, on trouve en particulier :
    La présence de 86 paires d’atomes de krypton en extrémité des chaînes d’ADN de tous les êtres vivants. Le krypton, gaz rare, est peu abondant sur Terre, et ne se combine pas avec d'autres atomes dans les conditions habituelles de température et de pression (comme tous les autres gaz de la colonne de droite du tableau périodique), mais pourrait (?) néanmoins être « encagé » dans des chaines protéiniques ;
    la découverte sur Mars de végétaux unicellulaires et multicellulaires simples ;
    la fréquence des impulsions d’activation des centres nerveux situés dans le plexus choroïdien de 10 368 Hz ;
    l'existence du graviton ;
    Magnétohydrodynamique (MHD)
    la non-existence des trous noirs, qui seraient en fait des « tunnels » hyperspatiaux envers un univers jumeau ;
    La théorie des cordes (Facteurs angulaires « IBOZOO UU » à la place des cordes) ;
    Univers jumeau (« WAAM » cosmos, « UWAAM » cosmos jumeau) ;
    Multivers, ou pluricosmos (WAAMWAAM) ;
    L'inflation cosmique, qui est non pas pas constante mais sinusoïdale.

D’autres sujets scientifiques plus isolés sont aussi abordés, comme la technologie spatiale, l’électrophotographie, les moteurs, l'informatique et la métrologie ; ainsi que les altimètres et gravimètres de « leur planète ».

La langue ummite
Sur la base des lettres, il est difficile de parler d’une langue ummite. Tout ce dont nous disposons, mis à part quelques phrases complètes, c’est d’un lexique, un ensemble de vocables dont l’immense majorité nous est donnée isolément. Antonio Ribera fait état de 403 mots ummites dans une compilation réalisée en 1978 et Jean Pollion, dans Ummo, de vrais extraterrestres (2002) répertorie plus d'un millier de mots considérant que chaque doublement de lettre dans un mot est signifiant.

Deux théories sont débattues par les analystes des lettres ummites :
    La première défendue par Jean Pollion considère que chaque lettre (son ou phonème) des mots transcrits sous forme dactylographiée est signifiante et il a appelé ces sons des « soncepts ». Il considère qu'il s'agit d'une langue « idéophonémique » : « Par analogie avec les langues idéographiques, qui procèdent par assemblage d'idées correspondant à des signes écrits et prononçables, j'ai choisi d'attribuer à cette langue le caractère "idéophonémique". J'ai dénombré à ce jour 17 phonèmes et un procédé "phonologique", ainsi que quelques règles "syntaxiques". L'Ummite s'exprime par combinaisons associatives de ces phonèmes presque tous relationnels. »

    La seconde considère que les différences d'orthographes (en particulier le redoublement des lettres) sont peu significatives et qu'elles sont dues à des différences de compréhension de sons étrangers par le ou les dactylographes, ou aux difficultés de retranscription alphabétique. Ils considèrent que la langue est bien formée de mots-objets et non de « soncepts ».

Pour C. P. Kouropulos, « Parler de langue Ummite est abusif : seul un saupoudrage de mots exotiques et quelques rares phrases simplissimes sont connus. On a bien un vocabulaire construit selon une logique... idéogrammatique, mais non une langue ! ». Pour Dominique Caudron, on peut « en conclure que les prétendus "ummites" ne maîtrisent pas la langue "ummite", dont ils semblent ignorer la grammaire ». Selon l'avis d'Aimé Michel dans l'ouvrage collectif Les religions : origine et actualité, paru en 1972, « la langue supposée d'Ummo est de structure indo-européenne, ce qui va dans le sens du faux élaboré par des amateurs ».

Hypothèses sur l'identité des auteurs
Diverses hypothèses sur l'identité des auteurs ont été émises :

    les ummites ;
    les services d’espionnage (qui divulgueraient donc des technologies et techniques aux autres nations) ;
    une ou plusieurs sectes, mais les rapports ne font nullement appel à des manifestations de culte ou de vénération, ni d'appel financier ;
    José Luis Jordán Peña, qui aurait initié le phénomène, avant d'être imité par la suite par d'autres auteurs qui gardent l'anonymat.

Le consensus parmi les auteurs sceptiques est que les lettres sont des contrefaçons plus ou moins élaborées. Ils émettent l'hypothèse que José Luis Jordán Peña est à l'origine des premières lettres et que les faussaires ultérieurs se sont basés sur celles-ci comme modèle afin d'étendre le mythe. Le sceptique ayant le plus travaillé sur l'affaire Ummo en français est Dominique Caudron.
Pour d'autres auteurs, défendant l'hypothèse extraterrestre, certaines informations contenues dans les lettres sont en avance sur les connaissances scientifiques terrestres. Parmi eux, Jean-Pierre Petit prétend qu'il a fait des avancées dans le domaine de la cosmologie gémellaire et de la propulsion MHD, inspiré par le contenu de certaines de ces lettres.


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