Le Royaume d'Aksoum

Le royaume d'Aksoum ou Empire aksoumite était un important et prospère État du nord-est de l'Afrique, qui s'est développé à partir du IVe siècle av. J.-C. pour atteindre son apogée au Ier siècle.

Le royaume d'Aksoum ou Empire aksoumite (guèze: አክሱም) était un important et prospère État du nord-est de l'Afrique, qui s'est développé à partir du IVe siècle av. J.-C. pour atteindre son apogée au Ier siècle. Son ancienne capitale, Aksoum, se situait dans le nord de l'actuelle Éthiopie. Dès le IVe siècle, le royaume utilisa le nom « Éthiopie » qui, dans la géographie antique, désignait l'Afrique (Africa n'étant alors que l'actuelle Tunisie). Il est également le lieu présumé où repose l'Arche d'alliance et la maison de la reine de Saba. Aksoum a été également le premier grand empire à se convertir au christianisme.

Origines
Aksoum fut longtemps considéré comme ayant été fondé par des Sabéens de langue sémitique qui auraient traversé la mer Rouge en venant d'Arabie du Sud (l'actuel Yémen), mais la plupart des chercheurs s'accordent maintenant pour dire que ce fut un développement autochtone7. En effet, l'ancien royaume D'mt (ou Da'amot) existait déjà avant toute migration sabéenne au IVe et Ve siècles av. J.-C. et le guèze, ancienne langue sémitique d'Érythrée et d'Éthiopie, est maintenant connu pour être différent de la langue de Saba : il y a des traces de présence de langues sémitiques en Éthiopie et en Érythrée au moins 2000 av. J.-C.. L'influence du royaume de Saba semble aujourd'hui avoir été mineure, limitée à quelques localités, et disparaissant après quelques décennies ou un siècle. Pour rajouter à la confusion, dans l'Antiquité, il existait en Éthiopie une ville dénommée Saba qui ne semble toutefois pas avoir été une possession du royaume de Saba.

L'ascension du royaume
Situé au nord de l'Éthiopie, Djibouti et de l'Érythrée, Aksoum se trouvait au carrefour des routes commerciales entre l'Inde et la Méditerranée.

Dans le Périple de la mer Érythrée, Aksoum est mentionné au Ier siècle apr. J.-C. comme un important marché pour l'ivoire qui était exporté dans tout le monde antique. Il est précisé qu'à cette période le roi d'Aksoum était Zoscales qui contrôlait deux ports sur la mer Rouge : Adulis (près de Massaoua) et Avalites (Obock).

Le royaume d'Aksoum a bénéficié d'une évolution majeure du système de commerce maritime reliant l'Empire romain et l'Inde, qui s'est produite au début de l'Ère commune. L'ancien système commercial reposait sur des voiliers naviguant le long des côtes en cabotant entre de nombreux ports. La mer Rouge n'était que d'importance secondaire par rapport au golfe Persique et aux routes terrestres vers le Levant. À partir de 100 av. J.-C., une route maritime plus directe entre l'Égypte et l'Inde a été établie, passant par la mer Rouge et utilisant les vents de la mousson pour traverser la mer d'Arabie directement vers le Sud de l'Inde. En l'an 100 apr. J.-C., le volume du trafic commercial sur cette nouvelle route avait éclipsé les anciennes routes, au point que l’Égypte romaine disposait d'une colonie au large de la corne de l'Afrique : l’île de Dioscoride. La demande des Romains d'Orient pour les marchandises venant de l’Inde (soieries, épices, pierres précieuses, ivoire, métaux précieux) a augmenté de façon spectaculaire, entraînant un accroissement du nombre de grands navires traversant la mer Rouge de l’Égypte romaine vers la mer d’Arabie (alors appelée mer Érythrée) et l’Inde.

Le royaume d’Aksoum était idéalement situé pour profiter de ce nouveau commerce. Adulis est rapidement devenu le principal port pour l'exportation de marchandises venant d’Afrique, telles que l’ivoire, l’encens, l’or et les animaux exotiques. Afin de fournir de telles marchandises, les rois d'Aksoum ont œuvré à développer et élargir un réseau commercial à l’intérieur du royaume. Ils durent faire face à un rival qui exploitait le même réseau commercial depuis beaucoup plus longtemps : le royaume de Koush, qui fournissait l’Égypte en marchandises d’Afrique tropicale par le Nil et les routes qui le longeaient. Toutefois, au Ier siècle apr. J.-C., Aksoum prit le contrôle des territoires Koushites. Le Périple de la mer Érythrée décrit explicitement comment l'ivoire recueilli sur le territoire Koushite était exporté par le port d’Adulis au lieu de passer par Méroé, la capitale du Koush.

Au cours des IIe et IIIe siècles, le royaume d'Aksoum étendit son contrôle sur la mer Rouge. Outre la flotte commerciale, une voie caravanière à destination de l’Égypte fut tracée à terre, à l’écart du corridor du Nil. Le royaume d’Aksoum est ainsi parvenu à devenir le principal fournisseur de produits africains pour l’Empire romain.

Au IIIe siècle, Aksoum est assez puissant pour prendre le contrôle de la région de la Tihama, en Arabie du Sud. À la fin du IIIe siècle, le royaume frappe sa propre monnaie et il est mentionné par le prophète Mani comme l’une des quatre grandes puissances de son temps, avec la Perse, l’Empire romain et la Chine. L’élite d'Aksoum se convertit au christianisme, alors monophysite, entre 325 et 328, sous le règne du roi Ezana, devenant le deuxième état à adopter cette religion après l’Arménie, et le premier à apposer la croix sur ses pièces de monnaies. La population suit, et la conversion semble complète au VIe siècle.

L'Empire
Sous le règne des successeurs d’Ezana, connus seulement par leurs monnaies, le royaume d’Aksoum est à l’apogée de sa puissance : selon les auteurs byzantins, sa capitale est en rapport avec Constantinople, l’Iran, l’Inde et Ceylan. Ses ambassades lui permettent de faire libérer en Perse un évêque emprisonné. Elle commerce par la mer Rouge, par les routes de caravanes remontant d’Égypte ou partant du Yémen vers la Mésopotamie. Elle exporte des émeraudes venues des cataractes du Nil (pays des Blemmyes), des épices, de l’encens et se fournit jusqu’à des distances de cinquante journées de voyage d’Adulis. Elle exporte aussi des produits indigènes : des bœufs, du fer et du sel de chez les Agao du pays de Sasou, au-delà du lac Tana.

À son apogée, l’Empire d’Aksoum contrôlait le nord de l’Éthiopie, l’Érythrée, le nord-est Soudan, le sud-est de l'Égypte, Djibouti, le Yémen ainsi que le sud de l’Arabie saoudite, soit un total de 1,25 million de km².

Si l’ancienne capitale impériale n’est plus aujourd’hui qu’une ville secondaire de province, elle était à l’époque une métropole animée, un centre culturel et économique de premier ordre. Deux collines et deux ruisseaux sont situés à l’est et à l’ouest de la ville, ce qui explique peut-être le choix initial d’implantation de la cité antique. Sur les flancs des collines et dans la plaine située à l’extérieur, les Aksoumites avaient établi des cimetières avec des pierres gravées appelé stèles, ou des obélisques.
Parmi les autres villes d’importances de l’état d’Aksoum, il faut citer Yeha, Hawulti, Matara, Adulis et Qohaito, les trois dernières faisant aujourd’hui partie de l’Érythrée.

Déclin
L’Empire d'Aksoum fut un quasi-allié de l’Empire byzantin dans sa lutte contre leur concurrent commun, l’Empire perse. Après un deuxième âge d'or au début du VIe siècle, l'empire a commencé à décliner, cessant sa production de pièces de monnaie axoumite au début VIIe siècle. Le royaume fut finalement dissout avec l’invasion de la légendaire reine païenne ou juive, Yodit (ou Gudit), au IXe ou Xe siècle. Elle aurait battu l'empire d'Aksoum et fait brûler les églises et la littérature.

L'existence de cette reine n’étant pas certaine, certains chercheurs ont avancé une autre théorie selon laquelle le royaume aksoumite aurait pris fin avec l’arrivée d’une reine païenne appelée Bani al-Hamwiyah, vraisemblablement de la tribu al-Damutah ou Damoti (Sidama).

D’autres raisons du déclin sont moins mythiques et plus scientifiquement établies. La concurrence des Arabes sur les routes maritimes vers l’Inde et la côte orientale de l’Afrique, le déclin des crues du Nil et plusieurs saisons de sécheresse extrême et prolongée sont probablement les causes de ce déclin ; la population a dû se réfugier à l’intérieur des terres sur les hauts plateaux, dont la surexploitation a conduit à une diminution du rendement des cultures et donc de l’approvisionnement.

La fin de l'empire d'Aksoum est une période sombre sur laquelle on sait peu de choses jusqu’à l’ascension de la dynastie Zagoué au XIe ou XIIe siècle. Yekouno Amlak, qui tua le dernier roi Zagoué et fonda la dynastie salomonide au XIIIe siècle, se disait descendant du dernier Empereur d’Aksoum, Del Na'od.


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