La culture bantoue swahilie

La culture swahilie est la culture partagée par les populations de la côte de l'Afrique de l'Est. Ces populations sont d'origine bantoue avec des apports arabes et, dans une moindre mesure, persans. IIe siècle environ.

La culture swahilie (Uswahili en kiswahili) est la culture partagée par les populations de la côte de l'Afrique de l'Est. Le terme viendrait du pluriel du mot arabe sahel ساحل : sawahil سواحل, qui signifie côte ou frontière. Ces populations sont d'origine bantoue avec des apports arabes et, dans une moindre mesure, persans. Les cités-États côtières comme Mombasa, Gede, Malindi et les archipels de Zanzibar, des Comores, de Kilwa et de Lamu, formaient une unité de culture swahilie prospère et renommée, vivant du commerce de marchandises africaines destinées aux marchés locaux et orientaux. Ces populations parlaient des langues voisines, variantes du swahili, et partageaient un certain nombre de valeurs propres. C'est avant tout une culture urbaine, africaine et musulmane. Les arabes appelaient al-Zanj (« les noirs ») la zone géographique des domaines territoriaux sous la domination de ces cités.

Histoire
Origines
Les témoignages sur les débuts de la culture swahilie sont anciens, notamment Le Périple de la mer Érythrée, un document du IIe siècle, et la Géographie de Ptolémée, datée de 150, reprise et corrigée sous sa forme définitive au IVe siècle. Le Périple relate que les marchands Yéménites qui visitaient l'Afrique de l'Est y contractaient des mariages.
D'autres témoignages corroborent le fait que la côte orientale de l'Afrique fait l'objet, depuis des millénaires et jusqu'à une période récente, de migrations en provenance du golfe Persique et de l'Inde. Ces migrants sont parfois des familles importantes fuyant les conflits de leur zone d'origine, mais le plus grand nombre est celui des marins et des marchands car cette zone de l'océan Indien est soumise à un régime de mousson, où les vents soufflent une partie de l’année d'est en ouest et en sens inverse le reste du temps. Cela favorise d'intenses échanges commerciaux, par voie maritime, y compris à longue distance, entre la côte orientale de l'Afrique, la péninsule arabique, l'Inde et, vers le XIVe siècle, la Chine.
Les relations entre les migrants arabo-persans et la population autochtone bantoue sont suffisamment pacifiques « pour que se développent un processus intense d'acculturation, une activité commerciale florissante et un partage du pouvoir entre les nouveau-venus et les autorités autochtones. »

C'est ainsi que la côte orientale de l'Afrique est déjà partiellement arabisée à l'époque pré-islamique et la pénétration de l'Islam débute tôt, à la fin du VIIe et au début du VIIIe siècle. Au Xe siècle les îles proches du littoral sont islamisées et c'est le cas pour le littoral au XIIIe siècle. Dans le prolongement, les écrits d'Ibn Battûta permettent de penser que la société swahilie avait, au XIVe siècle, adopté partiellement des éléments du système juridique musulman.

L'autre aspect de la culture swahilie est l'émergence de la famille de langues swahilies, langues bantoues, incorporant un important lexique arabe et persan. Une forme de « proto-swahili » se développe au VIIIe siècle et « le kiswahili était probablement déjà parlé dès le IXe siècle dans les établissements du nord avant de se propager vers le sud à la faveur de la migration de ces bantuphones du nord et devenir progressivement la langue dominante sur toute la côte ».
À l'origine, le swahili est transcrit en adjami, c'est-à-dire en caractèrs arabes avant de l'être en caractères latins à partir du XIXe siècle sous l'influence des Européens.

Les populations bantoues propagent la culture swahilie : « entre le VIIe et le XVe siècle, elles fondèrent des ports et établissements sur plus de trois mille kilomètres le long de la côte ». L'aire swahilie s'étage du sud de la Somalie au nord du Mozambique.

L'apparition et l'expansion des premières cités-États
Des cités-États commerçantes sont fondées par les migrants arabes dans les archipels de Lamu, de Zanzibar, puis plus tard des Comores et Kilwa, ainsi sur les villes continentales de Malindi, Mombasa jusqu'à Sofala. Les Shirazis s’installent à Kilwa qui devient le centre de commerce le plus florissant de la région au XIe et surtout au XIVe siècle, en partie grâce aux commerces d’ivoire d’éléphants et d’hippopotames, de cornes de rhinocéros, de cuivre, d'écailles de tortue, de perles et principalement grâce à l’or en provenance des mines de Sofala, dans l’actuel Mozambique.

La cité commerce avec l’Europe, le monde islamique et même la Chine. Le commerce vers l'Extrême-Orient s'intensifie aussi pour atteindre sa plus grande expansion sous les Ming. En 1414, une ambassade de la ville de Malindi amène avec elle à la cour de Chine une girafe. En 1417-1419 et 1431-1433, l'amiral chinois musulman Zheng He, conduit deux grandes expéditions sur la côte africaine et parvient à Malindi. Ces villes commerçaient également l'ébène, le bois de santal et les esclaves. Kilwa est à cette époque décrite comme étant une des villes les plus élégamment bâties du monde. Les habitants de la côte sont décrits comme étant bien nourris de mets riches et exotiques, habillés somptueusement. Des caravanes commerciales s’enfoncent de plus en plus profondément dans les terres jusqu’aux grands lacs pour récupérer les précieuses marchandises qui sont réexpédiées vers le Moyen-Orient. Cette culture s'est ainsi répandue de la Somalie jusqu'aux côtes de Madagascar et du Mozambique.


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