Cité mythique de Troie

Hissarlik «lieu de la forteresse» est en Turquie. Situé dans l'ancienne Troade, à égale distance de la mer Égée et des Dardanelles, le site est en effet communément identifié à la Troie homérique.

 Hissarlik ou Hisarlik (en turc Hisarlık, « lieu de la forteresse ») est le nom turc d'une colline située dans l'actuelle province de Çanakkale en Turquie. Il correspond à un site de fouilles archéologiques aujourd'hui reconnu sous le nom de site archéologique de Troie par l'UNESCO, qui l'a inscrit sur la liste de son patrimoine mondial en 1998. Situé dans l'ancienne Troade, à égale distance de la mer Égée et des Dardanelles (6,5 km), le site est en effet communément identifié à la Troie homérique depuis le XIXe siècle, bien que de nombreuses incertitudes demeurent.

Hissarlik se présente comme un tel (colline artificielle), formé principalement par les décombres et les ruines enterrés résultant d'accumulations successives de plusieurs millénaires d'occupation humaine. Ce tel, de trente mètres de hauteur, a attiré un certain nombre d'archéologues amateurs dès les années 1850.

La recherche de la Troie Homérique
Les récits poétiques et leur influence culturelle
Selon les longs poèmes épiques d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée, et celui de Virgile, l’Énéide, un roi mycénien, Agamemnon, mena une importante armée rassemblant des guerriers achéens venant de Grèce, des îles Cyclades, du sud des Balkans et de Crète ; il traversa la Mer Égée pour assiéger la cité majeure du peuple éolien, sur la côte nord occidentale d’Asie Mineure, Troie. La guerre entre les deux peuples aurait duré dix ans et les Achéens auraient eu raison des Éoliens (ou Troyens) grâce à l’ingéniosité d’Ulysse et l’arbitrage favorable des dieux grecs. Ces auteurs antiques situent l'action entre 1334 et 1135 av. J.-C. Cependant, le mathématicien grec Ératosthène, date l'événement plutôt vers 1184 av. J.-C.

Les Romains, qui avaient beaucoup de considération pour les Grecs des périodes classique et hellénistique, souffraient du manque de liens avec cette civilisation. C'est ainsi que serait né le mythe d'Énée, premier fondateur de Rome qui se serait enfui de Troie lorsqu'elle était assiégée par Ulysse et Agamemnon. Ils se considéraient donc comme descendants de la civilisation éolienne. Après le déclin de l'Empire romain d'Occident, la légende et son influence tombèrent quasiment dans l'oubli.

Le nouvel intérêt romantique
Ce n'est qu'au milieu du XVIIIe siècle de notre ère qu'un nouvel intérêt pour la culture classique se manifesta. Les récits d'Homère et de Virgile stimulèrent quelques voyageurs au goût romantique pour le passé à rechercher les ruines de Troie. En 1776, l’aristocrate français Choiseul-Gouffier analyse l'Iliade et suggère que les ruines de Troie pourraient être enterrées sous un monticule proche d'un petit hameau turc, Bunarbashi, situé à dix kilomètres de la mer Égée et à treize kilomètres du détroit des Dardanelles. Cette théorie fut popularisée plus tard par son collaborateur Jean-Baptiste Lechevalier et trouva crédit parmi les hellénistes du XIXe siècle.

Mais en 1801, ce sont les universitaires britanniques Edward Daniel Clarke et John Martin Cripps qui analysent l'Iliade et avancent l'hypothèse que la cité légendaire doit se trouver sous une autre colline plus proche de la côte, que les Turcs appellent Hissarlik. C'est ainsi qu'au fil des ans, plusieurs autres explorateurs passionnés se rendent sur place pour rechercher des traces de l'existence de la Guerre de Troie. En 1810 par exemple, Lord Byron réalise l’expérience de lire l’Iliade sur les lieux mêmes des événements. En 1847, Thomas Burgon publie un rapport sur des fragments de céramiques trouvés dans la zone. Grâce à ses recherches, des universitaires se montrent moins sceptiques, et c’est ainsi que Charles Thomas Newton, qui deviendra conservateur des antiquités grecques et romaines du British Museum, compare les découvertes de Thomas Burgon avec les céramiques trouvées en Égypte et arrive à la conclusion qu’elles datent du XIVe siècle av. J.-C. Dès lors, Charles Newton, intéressé par les recherches sur Troie, va jusqu’à acheter une partie de la colline à Hissarlik.

En 1865, le Britannique Frank Calvert vérifie qu'Hissarlik est une élévation artificielle, formée principalement par les décombres et les ruines enterrés qu’il avait en partie localisés au cours de quatre petites fouilles. On a revendiqué récemment, dans les revues spécialisées, l’importante contribution de Calvert dans la découverte archéologique de Troie..


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