Cité d'Ur Tell al-Muqayyar

Ur, actuellement Tell al-Muqayyar, est l'une des plus anciennes villes de la Mésopotamie antique, dans l'actuel Irak. Ur apparaît comme une des plus puissantes cités sumériennes du IIIe millénaire av. J.‑C.

Ur (Our, en sumérien urim), actuellement Tell al-Muqayyar (en arabe : tall al-muqayyar, تل المقير, « la colline poissée/bitumée »), est l'une des plus anciennes et des plus importantes villes de la Mésopotamie antique, dans l'actuel Irak. Elle était alors située sur une des branches du fleuve Euphrate et proche du Golfe Persique.

Ur apparaît comme une des principales et des plus puissantes cités sumériennes du IIIe millénaire av. J.‑C., comme l'illustrent les tombes royales et le riche mobilier funéraire qui y fut exhumé.
Durant le XXIe siècle av. J.-C. cette ville fut la capitale d'un puissant empire, dirigé par les rois de ce que la tradition mésopotamienne a retenu comme la troisième dynastie d'Ur. Ces derniers édifient des monuments remarquables dans le sanctuaire du grand dieu de la ville, le Dieu-Lune, appelé Nanna en sumérien et Sîn en akkadien.
Elle reste une ville importante au début du IIe millénaire av. J.‑C. comme l'attestent les nombreuses découvertes de constructions et de tablettes cunéiformes effectuées pour cette période par les équipes archéologiques dirigées par Leonard Woolley, qui explorèrent ses ruines entre 1922 et 1934. Ur demeure une cité assez importante en dépit d'un déclin marqué durant le Ier millénaire av. J.‑C., avant son abandon vers le IIIe siècle av. J.-C. Dans la Bible, « Ur des Chaldéens » est présentée comme la ville d'origine du patriarche Abraham.

Visité au XVIIe siècle par le voyageur italien Pietro della Valle qui y ramassa quelques briques et autres objets inscrits, Tell al-Muqayyar est sondé pour la première fois en 1854 par le consul britannique de Bassora, J. E. Taylor, pour le compte du British Museum.
À partir d'inscriptions que Taylor y avait trouvées, le site a été identifié par Henry Rawlinson comme étant la cité antique d'Ur, rapidement perçue comme étant « Ur de Chaldée », lieu d'origine d'Abraham selon la Bible. Quelques archéologues de l'Université de Pennsylvanie y firent quelques explorations par la suite. Le site fut sondé en 1918 par R. Campbell Thompson à la demande du British Museum. L'année suivante, H. R. Hall y effectua des fouilles en même temps que sur les sites voisins d'Eridu et d'El Obeid.
En 1922, une opération conjointe du British Museum et de l'Université de Pennsylvanie organisa les fouilles du site d'Ur. La direction en fut confiée à l'archéologue britannique Leonard Woolley, qui y mena douze campagnes jusqu'en 1934, date à laquelle il fut décidé d'interrompre les opérations pour procéder aux travaux de publication. Woolley fut notamment assisté par son compatriote Max Mallowan de 1925 à 1931. Les monuments principaux du quartier sacré de la cité furent mis au jour pour des périodes couvrant plus de 2000 ans, et l'une des découvertes archéologiques les plus spectaculaires pour un site du Proche-Orient ancien y fut effectuée, celle du cimetière royal et des objets luxueux qui en furent exhumés.
Les résultats des fouilles furent progressivement publiés sur une trentaine d'années, dans les séries Ur Excavations (sur les fouilles archéologiques) et Ur Excavations Texts (tablettes exhumées sur le site), pendant que Woolley rédigeait plusieurs ouvrages de vulgarisation sur ses découvertes. Le British Museum et le University of Pennsylvania Museum of Archaeology and Anthropology ont mis en place conjointement un site Internet devant à terme présenter l'ensemble des données issues des fouilles (notes de fouilles, photographies, cartes, lettres, etc.).

Bien après la fin des fouilles britanno-américaines, les autorités irakiennes ont entrepris la restauration de quelques édifices dont la grande ziggurat. Le site fut un temps occupé par l'armée américaine après l'invasion de l'Irak de 2003, puis restitué aux autorités irakiennes en 2009. Le site archéologique avait cependant subi des dégâts en raison de la localisation à proximité de troupes irakiennes, et de combats qui s'y sont déroulés, notamment des bombardements. Les ruines des monuments sont par ailleurs soumises à un processus d'érosion qui menace leur existence, ce qui a conduit à la mise en place d'un projet de préservation.

Depuis 2011-2012, les fouilles ont repris dans la région d'Ur, d'abord sur des petits sites situés dans la périphérie de la métropole antique (Tell Sakhariya, Tell Khaiber, Abu Tbeira), puis depuis 2015 sur le site même d'Ur, sous la direction d'Elizabeth Stone.

Périodes archaïques
Si ses phases protohistoriques sont très mal connues, comme pour la plupart des grands sites archéologiques de la Basse Mésopotamie antique, les fouilles archéologiques et les textes anciens ont montré qu'Ur a joué un rôle important dès les premiers temps de l'histoire de la Mésopotamie. Elle est un lieu de culte majeur, en tant que ville du Dieu-Lune Sîn, l'un des plus importants du panthéon mésopotamien, et aussi une puissance politique d'où émergent plusieurs souverains qui ont manifestement joué un rôle de premier plan. Ur est donc, aux côtés de sa voisine Eridu, d'Uruk, de Lagash ou encore Nippur, une des principales villes de la civilisation sumérienne qui se développe au cours du IIIe millénaire et exerce une influence considérable dans tout le Moyen-Orient. Les découvertes qui y ont été faites illustrent bien les caractéristiques principales de cette civilisation, que ce soit son art, son architecture, son organisation politique, économique et sociale, sa culture et sa religion.


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