Cité artificielle de Nan Madol

Nan Madol est une série d'îlots artificiels qui furent la capitale, le siège cérémoniel et politique de la dynastie Saudeleur jusqu'aux alentours de 1500. Cele-ci est souvent baptisée «la Venise du Pacifique». IIe siècle.

Nan Madol est un site en ruines qui se trouve dans la partie sud-est de l'île de Pohnpei (actuellement l'un des quatre États fédérés de Micronésie). Le site est constitué d'une série d'îlots artificiels qui furent la capitale de la dynastie Saudeleur jusqu'aux alentours de 1500. Le nom de « Nan Madol », qui signifie « intervalles » en pohnpeien, fait référence aux canaux présents sur le site. Celui-ci est souvent baptisé « la Venise du Pacifique ».

Nan Madol est le siège cérémoniel et politique de la dynastie « Sau-Deleur » ("seigneur de Deleur" en pohnpeien, « Deleur » étant l'ancien nom de l'île), qui unifia la population de Pohnpei (estimée à 25 000 personnes). Selon les traditions orales, la dynastie des Saudeleur, arrivés sur de grands canoës, était originaire de Katau (ou Kanamwayso), îles situées à l'ouest, et soumit la population autochtone. La légende fait débuter la dynastie, et la construction de la cité, par l'arrivée des deux sorciers jumeaux : Olisihpa et Olosohpa, capables de faire léviter les sections d'orgues basaltiques utilisées dans beaucoup d'endroits de Nan Madol, depuis leur lieu d'extraction jusqu'au site de construction, grâce au concours d'un dragon volant et sous les auspices de Nahnisohn Sahpou, dieu de l'agriculture. Après plusieurs essais infructueux, ils réussirent et commencèrent la construction par l'autel de Nahnisohn Sahpou. Quand Olisihpa mourut de vieillesse, Olosohpa devint le premier « seigneur de Deleur », épousa une autochtone et fonda ainsi le clan Dipwilap ("Grand") qui gouverna la cité et l'île. Ces traditions se retrouvent avec de nombreuses variantes dans la plupart des îles de l'océan Pacifique, c'est le cas par exemple de la légende polynésienne d'Hawaiki. Sachant que le peuplement de l'Océanie s'est fait depuis l'ouest, d'île en île, les ethnologues interprètent Katau/Kanamwayso comme Chuuk, voire les Philippines ou même Fou-Nan dans l'Indochine (de plus, à Lelu dans Kosrae il existe un autre complexe mégalithique semblable).

Quoi qu'il en soit, les recherches archéologiques montrent que Nan Madol fut le lieu d'une activité humaine dès le premier ou le IIe siècle de notre ère. Au VIIIe siècle ou IXe siècle, la construction des îlots commence, mais l'architecture mégalithique n'a probablement pas commencé avant le XIIe siècle ou le début du XIIIe siècle. De la tradition orale, peu de choses peuvent être vérifiées sur la construction des mégalithes. Les architectes, eux, pensent que les orgues basaltiques ont été transportées par voie de terre roulées sur des troncs de cocotiers et par voie d'eau sur des flotteurs en profitant des marées hautes dans les canaux de la mangrove.

Organisation de la cité
Selon les données archéologiques, Nan Madol a été un lieu de résidence pour la noblesse et d'activités funéraires présidées par des prêtres.
La population de Nan Madol ne devait probablement pas dépasser 1 000 personnes, même si elle a pu doubler occasionnellement. On pense que les îlots étaient habités par des dirigeants, le peuple habitant à terre dans des cases éphémères. L'isolement de Nan Madol était peut-être aussi un moyen par lequel les chefs Saudeleur organisaient et contrôlaient les rivaux potentiels en les obligeant à vivre dans la ville plutôt que dans leurs régions, où leurs activités auraient été plus difficiles à contrôler.

Madol Powe, le secteur mortuaire, comprend 58 îles dans la zone nord de Nan Madol. La plupart des îlots sont des logements occupés autrefois par des prêtres. Certains îlots servent à des fins particulières, comme la préparation de la nourriture sur Usennamw, la construction de canoës sur Dapahu et la préparation d'huile de noix de coco sur Peinering.
Des tombes entourées de hauts murs sont situées sur Peinkitel, Karian et Lemenkou, mais le plus important est l'îlot mortuaire royal de Nandauwas, où des murs de 7,6 m de hauteur entourent une cour principale au centre de laquelle se trouve une tombe.

Approvisionnements
A Nan Madol même, il n'y a ni eau douce, ni nourriture : il faut aller à l'intérieur des terres pour puiser l'eau, cultiver la nourriture, élever la volaille. Ce n'était pas un problème pour les Saudeleurs, car le peuple leur fournissait tout ce dont ils avaient besoin.

Lorsque les Saudeleur sont renversés, les Nahnmwarkis s'installent à Nan Madol, mais ils doivent assurer eux-mêmes leurs approvisionnements en eau et nourriture, et finissent par abandonner Nan Madol pour retourner à leurs propres régions dans l'île. Mais bien d'autres explications ont été proposées pour l'abandon du complexe, comme par exemple une forte baisse de la population.

Archéologie
Aujourd'hui, Nan Madol constitue une zone architecturale couvrant plus de 18 km² et comprend l'architecture de pierres construite sur un récif de corail plat le long de la côte de l'île de Temwen, plusieurs autres îlots artificiels et le littoral de la grande île voisine Pohnpei.
Les murs de pierre du site principal enferment une superficie d'environ 1,5 km de long par 0,5 km de large ; il contient près de 100 îlots artificiels - plates-formes de pierre et de corail - bordés par des canaux.
La datation par le carbone 14 indique que la construction de Nan Madol a commencé vers l'an 1200 et les fouilles montrent que la zone aurait été occupée dès 200.

Certains sites de carrières probables autour de l'île ont été identifiés, mais l'origine exacte des pierres de Nan Madol est encore indéterminée. Aucune des carrières proposées n'est proche de Madolenihmw, ce qui signifie que les pierres ont été transportées jusqu'à leur emplacement actuel. Elles auraient pu être transportées par radeau depuis la carrière, mais le processus n'a jamais été démontré avec succès. Les archéologues n'ont pas encore fini d'éclaircir le mystère, mais une plongée entre l'île et les carrières montre un chemin de pierres abandonnées.
En 1974, le site a été inscrit au National Register of Historic Places. En 1985, les ruines de Nan Madol ont été déclarées monument historique national. Actuellement, un effort est fait pour les préserver. Une autorisation est nécessaire pour les visiter.


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