Cité Castrum de Numance

Ce castrum de l'Âge du fer contrôlait un gué sur le Douro. Pline l'Ancien la compte parmi les villes des Pelendons, d'autres comme Ptolémée la font relever de la tribu celtibère des Arévaques, Ve siècle av. J.-C.

Numantia ou Numance est une ville antique du nord de l'Hispanie (à 7 km au nord-est de l'actuelle Soria), qui résista durant vingt ans à la conquête romaine, entre -153 et -133. Cette lutte farouche, dans laquelle les Romains furent longtemps impuissants, se place en partie dans le contexte de la Troisième guerre punique. Plusieurs généraux échouèrent à la prendre avant que le Sénat n'y envoyât son meilleur chef, Scipion Émilien, le vainqueur de Carthage.

Antiquité pré-romaine
Numance était un castrum de l'Âge du fer (l'équivalent d'un "oppidum" romain) qui contrôlait un gué sur le Douro. Pline l'Ancien la compte parmi les villes des Pelendons, mais d'autres, comme Strabon et Ptolémée la font relever de la tribu celtibère des Arévaques, issue du mélange, au Ve siècle av. J.-C., d'Ibères et de Celtes émigrés, et vivant dans la région de Numance et d'Uxama (aujourd'hui El Burgo de Osma).

Le siège de la ville

Le premier conflit sérieux avec Rome éclata en 153 av. J.-C., alors que le consul Quintus Fulvius Nobilior s'apprêtait à prendre d'assaut Segeda, (appartenant aux Belli, autre peuple celtibère), puis Numance, avec une armée de 30 000 soldats. Le chef des Belli, Carus de Segeda, parvint à vaincre les troupes romaines.

Après vingt années de guerres ininterrompues entre les Arévaques, appuyés par d'autres tribus celtibères, et les Romains, qui avaient tenté au moins cinq fois sans succès de conquérir la ville, l'armée romaine de la Tarraconaise fut confiée à Scipion Émilien, héros de la Troisième guerre punique. Celui-ci, après avoir mis à sac le territoire des Vaccéens, vint assíéger Numance en 134 av. J.-C. Persuadé que la citadelle ne pouvait être prise que par la faim, il fit édifier une double muraille d'encerclement propre à isoler Numance et à la priver de tout soutien extérieur. Au bout de quinze mois de siège, la ville tomba en été 133 av. J.-C., vaincue par la famine. Ses habitants préférèrent se suicider plutôt que de se rendre. Ils incendièrent la ville pour qu'elle ne tombât pas aux mains de l'ennemi. Le général romain y gagna le surnom de "Numantinus".

C'est aussi au siège de Numance que Jugurtha, grand allié de Rome, se distingua la première fois.
La Guerre de Numance revêt une importance toute particulière, car elle permet à l'hégémonie romaine de s'affirmer au centre et au nord de l'Hispanie et marque la pacification définitive de la Péninsule ibérique.

Archéologie
Avec le temps, on oublia la situation géographique exacte de Numance et l'on ne pouvait plus que deviner approximativement son emplacement d'après les écrits que nous avaient laissés les Romains. Pendant longtemps, on situa la cité dans les environs de Zamora, même si au XVIe siècle déjà, l'érudit Fray Antonio de Guevara avait suggéré que Numance se trouvait sur le territoire du village de Garray. En 1860, Eduardo Saavedra découvrit l'emplacement réel des ruines. Les emplacements des campements romains déployés autour de la ville ont été établis par Adolf Schulten. Le site archéologique a été déclaré Monument national par Ordonnance souveraine du 25 août 1882, bénéficiant dès lors de la protection de l'Etat et de la Commission des monuments de Soria. Les fouilles archéologiques commencèrent en 1906 et se poursuivent plus de cent ans après, avec une équipe d'archéologues de l'Université Complutense de Madrid sous la direction d'Alfredo Jimeno.

Les ruines qui ont jusqu'à présent été mises au jour (sur une surface de quelque 6 hectares) fournissent peu de renseignements sur la cité la plus ancienne, détruite en 133 av. J.-C. par Scipion Émilien ; par contre, elles donnent une idée assez précise de la ville celtibère du Ier siècle av. J.-C. et de la cité romaine impériale, qui présente un agencement en damier quelque peu irrégulier, sans espaces libres ou places

Pavées de gros galets, les rues étaient orientées en une direction est-ouest, à l'exception de deux rues principales orientées nord-sud. Toutefois, elles n'étaient pas absolument rectilignes, se poursuivant à chaque croisement dans le même sens, mais un peu plus à gauche ou un peu plus à droite, afin que les angles des maisons pussent couper le vent.
Lorsqu'il pleuvait, l'eau et la boue provenant des maisons se déversait à même la rue. Le Douro passant tout près, certaines zones étaient inondées.

Les maisons étaient regroupées en blocs ou s'alignaient le long de la muraille. D'une surface d'environ 50 m2, elles comprenaient trois pièces. Les premières demeures celtiques n'avaient que deux pièces, mais peu à peu on en ajouta une troisième, fermée par une porte en face de la maison. Dans la pièce principale, les Numantins mangeaient et dormaient ; la deuxième servait de garde-manger et la troisième de vestibule et d'entrée. Les bâtiments étaient de pierre, bien qu'on y trouvât également des éléments de bois, de pisé et de terre ; la toiture était constituée de bottes de seigle. Le sol était recouvert de terre battue pour protéger du froid.

Quant à l'alimentation, on alternait la viande avec les céréales, les fruits secs et les légumes. On faisait aussi de l'hydromel, ainsi que la fameuse bière appelée caelia, à base de blé fermenté.
Des basses-cours rectangulaires étaient adossées aux maisons. Les habitants avaient l'habitude de se baigner dans leur propre urine, bien qu'ils fussent par ailleurs propres et soigneux, comme le rapportent Diodore de Sicile et Strabon.
Une muraille renforcée de plusieurs tours et percée de quatre portes défendait les habitants, qui y vivaient en permanence au nombre de 2000.


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