Les Géoglyphes de Nazca

Appelées communément lignes de Nazca, sont de grandes figures tracées sur le sol, souvent d'animaux stylisés, visibles dans le désert de Nazca, au Sud du Pérou. Ils ont été réalisés entre 400 et 650.

Les géoglyphes de Nazca (ou Nasca), appelées communément lignes de Nazca, sont de grandes figures tracées sur le sol, souvent d'animaux stylisés, parfois de simples lignes longues de plusieurs kilomètres, visibles dans le désert de Nazca, dans le sud du Pérou. Le sol sur lequel se dessinent ces géoglyphes est couvert de cailloux que l'oxyde de fer colore en rouge. En les ôtant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux grisâtre, découpant ainsi les contours des figures qu'ils traçaient.

Découverts en 1927, ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère. Ils ont été réalisés pour la plupart entre 400 et 650. Lignes et géoglyphes sont inscrits, sous la désignation « Lignes et géoglyphes au Nasca et Palpa », sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994.

La première mention écrite connue des géoglyphes se trouve dans le livre Chronique de Pérou du conquistador Pedro Cieza de León en 1553 mais ce dernier les prend pour des traces de pistes. Elles connaissent un regain d'intérêt lorsqu'elles sont redécouvertes en 1927 par l'archéologue péruvien Toribio Mejia Xesspe qui explorait alors la vallée de la « Rivière Nazca ».
L'anthropologue américain Paul Kosok (en) est le premier à les étudier en les survolant en 1939, alors qu'il travaillait sur les réseaux d'aqueducs des environs. Il pense d'abord qu'elles faisaient partie d'un système d'irrigation, puis émet l'hypothèse d'un calendrier astronomique géant.

En août 2014, à la suite d'une tempête de sable, de nouvelles figures (notamment un serpent, un camélidé et un oiseau) sont découvertes par Eduardo Herrán Gómez de la Torre, un archéologue pilote, lors d'un vol d'inspection effectué dans la région d'Ica.

Les Nazcas réalisaient les figures à grande échelle, probablement à l'aide de procédés géométriques simples comme le carroyage. Les pieux retrouvés sur le Grand Rectangle (300 pieux pour ce rectangle de 800 m de long et 100 m de large) semblent confirmer que ces dessins ont été tracés par simple carroyage : le dessin est quadrillé, puis reporté sur le sol où l'on a pris soin de tirer des cordages qui reproduisent les mêmes carrés à une plus grande échelle. Ils réalisaient leurs dessins probablement en déblayant les pierres sombres, brûlées par le soleil, et en les empilant de chaque côté des lignes pour faire apparaître par contraste la terre plus claire riche en gypse en dessous, ce qui explique que le promeneur distingue des sillons bordés de pierres.

On trouve près de 800 figures géométriques : lignes, spirales, ellipses, trapèzes et triangles. Soixante-dix dessins, gravés à la surface de la pampa, sont biomorphes, prenant la forme de végétaux stylisés et d'animaux (dessins zoomorphes) : singe, oiseau-mouche (colibri), condor, jaguar, araignée, orque, héron, pélican. Au total, plus de 350 représentations ont été étudiées. Elles franchissent les ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes en soient affectées. La plupart des figures sont constituées d'une seule ligne ne se recoupant jamais.
Ces tracés représentent les divinités animales du panthéon religieux des Nazcas. On a retrouvé, associées aux lignes, diverses poteries reprenant les mêmes motifs stylisés que les géoglyphes.

Conservation
Le microclimat permet la conservation des lignes, car :

    le plateau est l'une des régions les plus sèches du monde (trente millimètres de pluie par an) ;
    le sol sans végétation réchauffe fortement l'air (ce qui crée un coussin d'air qui, à son tour, protège les géoglyphes du vent) ;
    enfin le gypse contenu dans le sol, associé à la faible humidité matinale « colle » le sable et la poussière.

Sans sable, ni poussière pour recouvrir la plaine et avec peu de pluie ou de vent pour les éroder, les tracés restent intacts.
Pour protéger le site, les autorités locales en ont réglementé l'accès. Pour y aller, il est nécessaire d'obtenir une autorisation et d'utiliser des chaussures spéciales.

Le climat au temps des Nazcas
D'après le géomorphologue Bernhard Eitel, le climat était tempéré en 8 000 av. J.-C., puisqu'il a découvert du lœss, roche sédimentaire produite par l'érosion éolienne qui ne se forme que par la décomposition des végétaux. Il a aussi trouvé à la base du lœss des coquilles d'escargots, qui ne vivent qu'en milieu humide ; ce qui confirme la végétation florifère de l'époque.
Ensuite, une période de sécheresse est arrivée graduellement avec une période critique entre -100 av. J.-C. et 400 ap. J.-C., qui semble être le début de la disparition des Nazcas (environ 700/800 ap. J.-C.). Ces dates correspondent aussi à l'arrivée d'une autre ethnie : les Waris, qui ont envahi le territoire des Nazcas.


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