Dolmen Lo Morrel dos Fados

Le dolmen Lo Morrel dos Fados ou dolmen des Fées est la plus grande allée couverte (dolmen à couloirs) du sud de la France. Il a été construit vers 3 500 av. J.-C. par le peuple de la culture de Véraza.

Il est également appelé « Palet de Roland », car Roland, le neveu de Charlemagne, y aurait laissé l’empreinte de sa main. Un autre dolmen du Minervois est également appelé Palet de Roland : il s'agit du dolmen du Vieil Homme ou de la Jargantière sur la commune de Villeneuve-Minervois.

Le dolmen Lo Morrel dos Fados (Dolmen du coteau des Fées en Occitan) ou dolmen des Fées (Dolmen de las Fadas) - s'élève sur un coteau planté de pins situé à Pépieux, à la limite de l'Aude et de l'Hérault. C'est la plus grande allée couverte (dolmen à couloirs) du sud de la France. Il a été construit vers 3 500 av. J.-C. par le peuple de la culture de Véraza.
Il est également appelé « Palet de Roland », car Roland, le neveu de Charlemagne, y aurait laissé l’empreinte de sa main. Un autre dolmen du Minervois est également appelé Palet de Roland : il s'agit du dolmen du Vieil Homme ou de la Jargantière sur la commune de Villeneuve-Minervois.

Le département de l'Aude, en région Occitanie, n'est pas une terre renommée du mégalithisme pour le nombre de ses monuments, qui sont tout juste une centaine, contre 550 pour le département voisin de l'Hérault. Par contre, le phénomène mégalithique y est caractérisé par la taille très importante de certains de ces monuments. Les menhirs de Counozouls et de Malves-en-Minervois atteignent respectivement 8,90 mètres et 5 mètres de hauteur. L'Allée couverte de Saint Eugène à Laure-Minervois (sur le domaine de Russol) atteint 15 mètres de longueur et 30 mètres de largeur. Dans le Dolmen des Peirières à Villedubert, les archéologues ont retrouvé un nombre considérable d'ossements.

« Le monument des Fades à Pépieux est la plus grande tombe dolménique du midi de la France » indique Jean Guilaine, professeur au Collège de France, un des meilleurs spécialistes actuels de notre protohistoire. Dans son livre « La France d'avant la France », il classe Pépieux parmi les principaux sites mégalithiques de France.

Le dolmen Lo Morrèl de las Fadas est constitué par une longue galerie mégalithique de 24 m de développement incluse dans un tumulus de quelque 35 m de longueur. Il comprend trois parties distinctes :
    Un couloir de 12 m de développement marqué par des piliers, disposés face à face, alternant avec des murets en pierres sèches dont subsistent quelques témoins d'origine.
    Une antichambre de 6 m de longueur ayant conservé son imposante table de couverture reposant sur de puissants piliers dont deux viennent d'être restaurés.
    Une « cella » terminale, barrée par une épaisse dalle de chevet.

La transition du couloir à l'antichambre et de celle-ci à la « cella » funéraire est assurée par deux portes réalisées par des dalles jointives sculptées en hublot. Les matériaux qui ont servi à la construction de ce monument sont d'extraction locale, proche ou éloignée; on distingue des grès rouges dont certains affleurements sont encore visibles auprès de la butte portant le mégalithe, des grès grisâtres affleurant également à proximité du monument et des calcaires dont l'origine est plus éloignée. Une énorme dalle, qui pèse entre vingt et trente tonnes, a été transportée sur près de deux kilomètres.

Une fausse « allée couverte »
Ces très longs dolmens à couloir étaient autrefois dénommés « allées-couvertes ». Leurs descriptions architecturales ne correspondant pas exactement à la définition communément admise (le couloir est ici moins large que la chambre et en général le monument n'était recouvert que par une seule grande dalle), ils sont aujourd'hui appelés « dolmens à couloir large ». Dans ce type de dolmens, les murettes alternent avec des dalles plus petites que celles de la chambre sépulcrale. Le couloir se rétrécit vers son extrémité externe.

Recherches et restauration
Au début du XXe siècle, la partie visible du dolmen ne comportait qu'une grosse dalle calcaire inclinée reposant d'un côté sur le sol, de l'autre sur trois piliers de grès.
En 1943, les abords du site sont inscrits au titre des monuments historiques.
En 1946, Jean Arnal, L. Jeanjean et Odette et Jean Taffanel décident d'effectuer un sondage et dégagent une autre partie du monument. Ces travaux confirment que « le Palet de Roland » est bien un mégalithe à couloir comme ceux construits dans la France du Sud au troisième millénaire. Ces derniers sont subdivisés en trois parties distinctes : un couloir d'accès, une antichambre et la chambre funéraire proprement dite.
De 1962 à 1965, une action de sauvetage est entreprise sous la direction de Jean Guilaine : fouilles et construction d'un pilier postiche pour soutenir la table de couverture, pesant environ dix tonnes, qui fut vraisemblablement apportée du causse de Siran, le site le plus proche comportant ce matériau.
Le mobilier archéologique collecté est conservé au dépôt de fouilles de Carcassonne hormis un poignard à rivets, le plus original rencontré à ce jour, conservé au musée d'Olonzac. Il témoigne d'une métallurgie naissante, entre 3400 et 2900 avant notre ère, favorisée par l'existence de gîtes cuprifères dans le Minervois.
Cette restauration aboutit au classement définitif du dolmen par arrêté ministériel du 5 mars 1969.
En juillet 1989, la municipalité de Pépieux achète le terrain sur lequel est sis le dolmen ainsi que deux terrains environnants, constituant l'enclos actuel d'une superficie de 1 ha 53.
En 1972, une consolidation générale du monument est réalisée par la Conservation Régionale des Bâtiments de France.

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