Peuples incinérants terramaricolis

Les Terramares étaient des peuples incinérants de l'âge du bronze. La population des sites terramare est appelée « terramaricoli  ». La disparition de ces villages se place au XIIe siècle av. J.-C.

Terramare, Terramara ou Terremare est un terme désignant une technologie complexe datant de la période de l'âge du bronze moyen et tardif (1700-1150 av. J.-C.), principalement établie dans la vallée du Pô, en Émilie, Italie du Nord. Il tire son nom du résidu de monticules « terre noire » de la colonie. Terramare est de terra marna, « Marne-terre », où les marnes sont un dépôt lacustre. Il peut être de n'importe quelle couleur, mais dans les terres agricoles, il est plus généralement noir. La population des sites terramare est appelée « terramaricoli  ». Les sites ont été fouillés de façon exhaustive entre 1860-1910.

Les Terramares étaient des peuples incinérants (plusieurs champs d'urnes funéraires ont été retrouvés) de l'âge du bronze.

L'habitat des populations terramare correspond à un type particulier de villages sur pilotis ou palafittes, dits palustres (dans des marais et des étangs), que l’on rencontre dans toute la plaine du Pô, construits selon un schéma spécifique. Les villages étaient de forme rectangulaire, bâtis sur la terre ferme, généralement à proximité d’un cours d’eau, et dont les voies se coupaient à angle droit selon un plan bien établi ne devant rien au hasard, dénotant un site fortifié. Ces sites étaient surtout présents dans la plaine du Pô, mais également dans le reste de l’Europe. La culture liée à ces sites s’est développée à l’âge du bronze, entre les XVIIe et XIIe siècles av. J.-C.

Les villages sur pilotis de l’Émilie relèvent de l’activité commerciale de l’âge de bronze. Ces sites sont établis le long d'une route qui traverse les Alpes dans le Val Camonica pour rejoindre les rives du Pô ; là étaient édifiés des villages servant de dépôts et de point de départ des denrées (l’ambre de la Baltique y arrivait sans doute) le long du fleuve jusqu’à l’Adriatique. La structure de ces cités lacustres relève de la technique de construction des maisons sur pilotis des lacs de l’Italie du nord et du centre. Ces constructions sur pieux fichés en terre étaient adaptées à l'établissement de villages permanents le long des rives de fleuves sujets aux crues et à la hausse du niveau des eaux due aux variations climatiques. La raison d'être de telles constructions dans des zones à risques était certainement le commerce fluvial.

La population qui occupait ces sites n’était pas indo-européenne. Les contacts dus aux échanges commerciaux contribuaient toutefois à l'ouvrir aux influences culturelles étrangères provenant de l’Europe centrale et de la Méditerranée. Sur son déclin, cette même population adopte l’usage de l’incinération des défunts propre aux cultures d’Europe centrale, la « Civilisation des champs d'urnes ». La disparition de ces villages se place au XIIe siècle av. J.-C.

En dépit du décalage avéré de quelques siècles, les populations des villages sur pilotis ont contribué à la formation des sites villanoviens puis étrusques qui apparaissent successivement. La technique, remarquable, du drainage, des digues, des canalisations et des égouts des cités étrusques ne pouvait qu’avoir été élaborée par les habitants de ces villages sur pilotis qui s’étaient trouvés confrontés depuis toujours à des travaux de ce genre.


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