Elle fait suite vers 1000 à 1200 av. J.-C. à la Culture des tumulus, quand l'incinération apparaît comme rite funéraire. La civilisation des champs d'urnes sont souvent localisés près de points d'eau.

La civilisation des Champs d'urnes correspond aux groupes de cultures archéologiques de la « Céramique à cannelures légères » » (approximativement de -1350 à -1150) et du « Groupe Rhin-Suisse-France orientale » (approximativement de -1150 à -950) de l'étape moyenne du Bronze final (Bronze final IIb et IIIa). C'est l'époque où la diffusion de cultures et de techniques métallurgiques et céramiques nouvelles prend place en Europe au Bronze final pour se terminer au tout début de l'âge du fer. Elle se caractérise par des nécropoles d'urnes enterrées.

Elle fait suite vers 1000 à 1200 av. J.-C. (datation pour sa région d'origine) à la Culture des tumulus, quand l'incinération apparaît comme rite funéraire. Les sites dans l'ouest et le sud de l'Europe seraient plus récents qu'en Europe centrale.
Dans la première période des champs d’urnes, ont été trouvées de rares céramiques cannelées (par exemple à Temse-Velle) datées du Bronze D – Hallstatt A1. Ces cannelures indiquent une influence RSFO (Rhin-Suisse-France Orientale), influence qui a donc pu se faire sentir plus tôt que ce qu'on a cru jusqu'à présent.
Il est délicat de définir la date exacte de la fin d'utilisation des champs d'urnes. Les deux cimetières de Velzeke étaient encore en usage aux environs de -450. Aucune date n'est postérieure au Ve siècle av. J.-C., et il semble que ce Ve siècle av. J.-C. signe la cessation de ce genre de sépulture.

Habitations
Les bâtiments sont plus petits (moins de 10 m de long) que ceux de l'âge de Bronze moyen. C'est la conséquence de l'abandon de la maison-étable, sans que l'on sache pourquoi ce type d'habitation a été abandonné. Une hypothèse en cours suggère un passage possible de l'élevage bovin à l'élevage ovin (Roymans, 1991), mais le matériel archéologique ne montre guère de réduction des bovins en parallèle avec cette diminution des habitations ; l'autre hypothèse suggérée est donc une réduction de la population due à un mouvement de colonisation d'autres terres (Fokkens, 1997). Cette réduction de taille se présente dans toute l'Europe de l'Ouest, étant plus ou moins datée aux environs de -900. Un aspect mystérieux de ce changement de taille d'habitations, est la soudaineté avec laquelle il est arrivé - aussi bien dans le passage à des habitations plus grandes entre -1800 et -1500, que dans le retour à plus petit entre -1000 et -900. Le retour à plus petit, extraordinairement rapide, s'est fait en trois générations. Il est possible que le changement précédent, allant vers une augmentation de la taille d'habitation, ait eu lieu en un temps très court aussi car les sites connus de cette période sont étonnamment rares comparé au nombre de sites des périodes précédentes et suivantes. Par ailleurs, ces deux changements étant apparus en même temps dans toute l'Europe de l'Ouest et donc dans des paysages divers, il est probable que leur cause ne soit pas d'ordre uniquement économique.

Sépultures
Les champs d'urnes sont souvent localisés près de points d'eau (rivière, source…). C'est par exemple le cas pour tous les sites des Flandres, sauf vers Aalter, Velzeke et le pays de Waes.

Ce mode de sépulture ne remplace pas toujours les tumuli : les deux modes peuvent se juxtaposer dans le même site. On peut par exemple trouver des urnes enterrées à côté de tranchées mortuaires Un exemple en est la nécropole récemment découverte à Cesson (Seine-et-Marne). Il semble que les tombes à urnes dominent au début, puis on voit une augmentation des tombes à paquets d'os et des puits à incinération. La nécropole de Destelbergen en Flandre est organisée autour d'une tombelle : la partie la plus ancienne, datant du Bronze final, est située à l'est de cette tombelle, et la partie datant du premier âge du Fer, plus récente, se trouve à l'ouest de celle-ci. Les urnes contiennent essentiellement les cendres des morts : les objets sont rares. La plupart du temps, s'il y en a ils se résument à un ou deux petits bols et des répliques de l'urne principale assez petites pour passer par le col de celle-ci, parfois quelques objets significatifs pour les défunts (bijoux, armes, outils).

Expansionnisme ou changement endogène ?
Selon la théorie dite « expansionniste », qui prédominait au XIXe siècle et jusque dans les années 1980, ces champs d'urnes correspondaient à un peuple probablement originaire de Hongrie et de Lusace - sont également citées la Saxe et la Silésie. Entre 800 et 1000 av. J.-C. ce peuple se serait étendu en Allemagne du sud et dans la Haute vallée du Rhin, puis en Bavière, Suisse, Autriche (Styrie et la Carinthie) et Italie du nord. Les urnes globuleuses à haut col remplacent alors celles bicôniques à col court et évasé. Selon Pedro Bosch-Gimpera et d'autres, un groupe de ce peuple, serait parti de Bavière, Wurtemberg et Bâle et passé par la trouée de Belfort pour arriver au centre de la France (champs d'urnes de Pougues-les-Eaux dans la Nièvre, de Saint-Père-sous-Vézelay dans l'Yonne - deux stations thermales -, de Dompierre-sur-Besbre dans l'Allier) ; aurait ensuite contourné les Cévennes par l'ouest pour arriver dans le Tarn (nombreuses nécropoles vers Saint-Sulpice-la-Pointe), la plaine de Toulouse et les Pyrénées, et de là passer en Catalogne. Un autre groupe du même peuple, passant par le plateau suisse et la vallée du Rhône où il aurait remplacé la civilisation palafitte, aurait suivi le bord de la Méditerranée pour peupler le Roussillon et le Narbonnais. Un groupe est allé en Italie dans la région de Villanova, un autre en Belgique (27 sites connus en 2007, principalement autour des vallées de la Lys et de l’Escaut à partir du XIe siècle av. J.-C.) et en Hollande.
La théorie actuellement admise par la communauté scientifique s'est notamment diffusée depuis 1986 avec le congrès de Nemours (Brun et al.). Il a été établi depuis que les nouveaux rites funéraires correspondent plus à un changement endogène aux populations locales, sans grand mouvement de populations extérieures.


La langue
La langue celtique a des points communs avec les langues orientales, ce qui par comparaison avec d'autres langues implique que le proto-celtique a émergé en Europe de l'Est vers -2000 (cependant les études les plus récentes donnent des dates bien antérieures, remontant à -8 100 avec une marge de 1 900 ans). À la suite de quoi les peuples parlant le proto-celtique, venant de l'Est, étaient installés au plus tard vers -1500 dans la région ouest de l'Europe centrale, et étaient en contact avec des peuples parlant le proto-germanique et le proto-italique.

Le Lépontique, langue celte maintenant morte, est le plus vieil exemple (VIe siècle av. J.-C.) écrit d'une langue celtique. Présent dans le nord des Alpes vers -1200, il est lié à la culture de Golasecca, elle-même liée à la culture des champs d'urnes. Daté du VIe siècle av. J.-C., il a donc divergé avant cette date des autres langues issus du même tronc comme le celtibère dont certains traits sont plus archaïques, et le gaulois qui contient des signes indiscutables de transformation linguistique. La date de -1200 est retenue pour la séparation entre le lépontique et les autres langues celtiques.

Le langage Indo-Européen est arrivé en Espagne avec les peuples de la culture des champs d'urnes, qui commencèrent à traverser les Pyrénées un peu avant l'an -1000. Une forte influence de la civilisation des champs d'urnes se retrouve donc au nord-est de la péninsule ibérique, où les Celtibères ont adapté les matières premières d'Europe centrale avec une fabrication locale pour leurs cimetières. Javier de Hoz souligne que ceci n'implique pas que tous les groupes de la culture des champs d'urnes parlaient des langages celtiques. Mais les indices concordent pour indiquer que le langage celtibère a divergé aux alentours de -1200, et que les Celtibériens partageaient des liens culturels avec la civilisation des champs d'urnes.

Historique des découvertes archéologiques

    Wolfgang Kimmig, 1940 : publie ses travaux sur les champs d'urnes de Baden (Allemagne).
    Sigfried J. De Laet, 1958 : publie le premier schéma chronologique pour les champs d'urnes belges.
    Marcel Desittere, 1968 : précise le cadre typochronologique des cimetières entre la mer du Nord et le Bas-Rhin.
    années 1980 : révision de la chronologie.
    Jean Bourgeois, 1989 : introduit la notion de “groupe Rhin-Suisse-France orientale”, connu sous le sigle RSFO, pour les influences culturelles d'Europe centrale à l'âge de Bronze final ; ce qui amène la réévaluation de la chronologie des sites connus, basée principalement sur l'évolution des formes de poteries dans les champs d'urnes et sur l'étude des céramiques des sites moins bien connus. La typochronologie locale est affinée par la comparaison avec les sites des régions voisines et d'Europe centrale.


Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source de base : Wikipedia soumis à évolution intéractive.
Proposer une modification ou un complément d'information ? suivez notre formulaire : (en cours)

Back to top